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Les défenseurs des droits humains

Ils luttent pour défendre nos droits humains, défendons-les ! 

Les défenseurs des droits humains sont des personnes qui, seules ou collectivement, s’engagent pacifiquement pour protéger et défendre les droits de tous. Leur combat est aussi varié que le sont les droits humains. Il va de la protection de l’environnement à la défense des droits des minorités – dont le droit à la terre contre des projets de multinationales – en passant par la revendication d’un égal accès aux droits pour les femmes ou les personnes LGBTI (Lesbienne, Gay, Bisexuelle, Transgenre, Queer, Intersexe).

Les attaques contre les défenseurs ont désormais atteint un niveau inédit. Dans de nombreux pays, au lieu d’être protégés et reconnus comme des acteurs essentiels de la préservation des droits et des libertés, les défenseurs des droits humains sont pris pour cible. Ils peuvent être mis en détention ou subir des disparitions forcées, voire être assassinés. Et tout cela uniquement pour avoir voulu défendre une cause juste, reconnue et protégée par le droit international.

Vous découvrirez ci-dessous une série de portraits de femmes et d’hommes qui répondent à cette définition. Il y a autant de combats de défenseurs des droits humains que de droits humains inscrits dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. Ici nous avons choisi de ne mettre que 4 thématiques en avant, mais en allant sur les sites ci-dessous, tu en découvriras des centaines et des milliers d’autres !

Droits des femmes et des personnes LGBTI

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    Vitalina Koval

    Vitalina Koval

    Vitalina Koval vient d’Ukraine. Elle fait partie de ces personnes qui se distinguent immédiatement par leur courage et leur détermination. Elle défend avec détermination l’égalité pour tous et toutes en Ukraine. Vitalina vit son homosexualité au grand jour et elle coordonne le travail d’un centre social d’Oujgorod, sa ville natale, destiné aux personnes LGBTI, qui leur propose un soutien entre pairs.
    Le 8 mars 2018, alors qu’elle organisait une manifestation à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes en Ukraine, six membres du groupe radical « Karpatska Sich » l’ont aspergée de peinture rouge. Des éclaboussures de peintures lui ont provoqué des brûlures chimiques aux yeux. À sa sortie d’hôpital, Vitalina s’est rendue au poste de police. Il a fallu qu’elle insiste plusieurs heures pour que sa plainte soit qualifiée d’infraction « motivée par la haine ».
    Ses agresseurs arrêtés ont pu l’entendre décliner son adresse à haute voix avant d’être relâchés. Par la suite, Vitalina et d’autres militantes ont reçu de nouvelles menaces, et certains affirment avoir été tabassés. Pendant de long mois, l’enquête n’a pas pris en compte les motifs discriminatoires de cette attaque du 8 mars qui s’inscrit dans un contexte de regain de violences de la part de groupes locaux d’extrême-droite. Se présentant comme patriotes et nationalistes, ils perturbent les débats publics, menacent les journalistes et agressent les militants comme Vitalina.
    Grâce à la mobilisation de milliers de personnes à travers l’Europe et à la détermination de Vitalina, en décembre 2018, la cour a ordonné l'ouverture d'une enquête pour déterminer s'il s'agissait d'un crime de haine. En mars 2019, Vitalina et d'autres personnes d'Uzhgorod ont pu manifester tranquillement en étant protégées par la police à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes. La manifestation a réuni un tiers de participants de plus que l’année d’avant. Et un procès est actuellement en cours contre deux personnes ayant attaqué Vitalina en 2018.

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    Loujain al-Hathloul

    Loujain al-Hathloul

    Loujain al-Hathloul a fêté ses 30 ans derrière les barreaux, le 31 juillet 2019. Loujain est une figure emblématique du droit des femmes en Arabie Saoudite, notamment sur les réseaux sociaux. Arrêtée pour la première fois en décembre 2014, elle a été détenue pendant plus de 73 jours. Cette arrestation faisait suite à la tentative filmée de Loujain, de passer la frontière entre les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite en signe de protestation contre la loi injuste qui interdisait aux femmes de conduire dans le Royaume. En 2015, pour la première fois, les femmes étaient autorisées à voter et à se présenter aux élections dans l'État. Loujain s’est présentée aux élections, mais bien qu’elle ait été reconnue comme candidate, son nom n'a jamais été ajouté au bulletin de vote. Malgré les tentatives d’intimidation, et les campagnes de diffamation, Loujain n’a pas cessé son combat pour les droits des femmes en Arabie saoudite. En mai 2018, elle et 11 autres militantes des droits des femmes ont été arrêtées et détenues au secret sans accès à leur famille, ni à leur avocat pendant les trois premiers mois de leur détention. Cette vague d’arrestation a eu lieu un mois avant le décret d’application autorisant enfin les femmes à conduire dans le Royaume. Il est clair que les autorités saoudiennes ne voulaient pas que les militantes revendiquent ce succès ou qu’elles en demandent plus…
    Pendant les 10 premiers mois de sa détention, elle a été détenue sans inculpation ni jugement. Dans les 3 premiers mois de sa détention, Loujain a été battue, soumise à la torture (simulation de noyade, décharges électriques), harcelée sexuellement et menacée de viol et de meurtre. Lors de la première audience devant un tribunal, en mars 2019, elle a été accusée d’être une espionne, un agent de l’étranger, notamment pour avoir pris contact avec des organisations internationales comme Amnesty International. Sa dernière comparution devant un tribunal date du 3 avril 2019, elle risque 20 ans de prison.

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    Nasrin Sotoudeh

    Nasrin Sotoudeh

    Le 11 mars 2019 Nasrin Sotoudeh, avocate iranienne spécialisée dans la défense des droits humains et des droits des femmes, a été condamnée à 33 ans de prison et 148 coups de fouet. Son « crime » ? Avoir défendu les droits des femmes et protesté contre la législation qui impose le port du voile en Iran.
    Sa peine est la plus lourde prononcée à l’égard d’un·e défenseur·e des droits humains en Iran ces dernières années, ce qui laisse à penser que les autorités renforcent la répression. Nasrin est séparée de son mari et de ses deux enfants et ne peut donc plus mener ses activités pourtant essentielles, en tant qu’avocate spécialiste des droits humains.
    Cette avocate a passé sa vie à défendre les droits des femmes et à dénoncer la peine de mort. Elle défend notamment des femmes ayant défié les lois de la République islamique en se dressant, sans voile, dans l’espace public. Ce faisant, elle défend le droit pour chaque femme de décider elle-même de porter, ou de ne pas porter, le voile.
    En septembre 2016, elle avait déjà été condamnée en son absence à cinq ans d’emprisonnement dans le cadre d’une autre affaire. Cette sentence porte sa condamnation totale à 38 années derrière les barreaux, à l’issue de deux procès manifestement iniques.
    Elle était notamment inculpée, en représailles de son travail pacifique en faveur des droits humains, d’« incitation à la corruption et à la prostitution », d’avoir commis ouvertement « un acte immoral… en apparaissant en public sans porter le hijab » et de « troubles à l’ordre public ».

Droits environnementaux

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    UDAPT

    UDAPT

    UDAPT : Union des personnes affectées par les activités de Texaco
    Pendant vingt ans, Texaco-Chevron a exploité l'or noir en Amazonie, à la frontière de l'Equateur et de la Colombie. Les pétroliers sont partis en laissant derrière eux la pire marée noire de l'histoire, au cœur de la forêt primaire. Pablo Fajardo, ancien ouvrier de Chevron Texaco, aux origines très modestes, s’est payé des cours de droit pendant des années pour devenir avocat et mener une vaste action judiciaire contre la firme américaine accusée d’avoir rejetée ses déchets toxiques sans aucune précaution. Son frère a été assassiné, lui-même a été menacé à plusieurs reprises. Il représente aujourd’hui 30 000 habitants (UDAPT) qui ont saisi la justice pour que leur terre soit dépolluée. Le procès de Chevron est celui de toutes les grandes compagnies qui se permettent de bafouer les droits des habitants des pays en voie de développement.

    Il s’agit du plus important litige environ­nemental au monde. Environ 235.000 pages d’information, 80.000 analyses chimiques ont été effectuées ; plus de 25 ans de processus.

    La Cour a constaté l’existence de 880 “tombes” (fosses de la taille de piscines olympiques, 50 x 25 mètres sur 2 mètres de profondeur). Chaque fosse est remplie de déchets solides.

    Chevron a déversé 60 milliards de litres d’eau toxique dans les estuaires, les rivières et les lagunes de la région ; 650.000 barils de pétrole brut ont également été déversés dans la jungle ; plus de 1.500 kilomètres de routes en Ama­zonie ont été couverts de pétrole.

    Chevron emploie plus de 2.000 avocats pour la défendre et attaquer les personnes concernées. Jusqu’à présent, la compagnie pétrolière a dépensé plus de deux mil­liards de dollars pour sa défense. Ce combat, qui est une version moderne David contre Goliath, est l'un des plus méconnus et des plus importants de notre époque.

    Pendant ce temps, les 30 000 personnes touchées continuent de souf­frir de graves problèmes de santé, le taux de leucémie infantile étant le plus élevé en Équateur. Les décès par cancer sont 130% plus fréquents et le risque de mortalité est 260% plus élevé que dans les autres ré­gions de l’Equateur.

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    Berta Cáceres

    Berta Cáceres

    Pendant des années, Berta Cáceres a défendu le droit à l’environnement au Honduras en dépit des menaces et des attaques à son encontre et celle de son organisation. Sa pugnacité lui a été fatale. Le 2 mars 2016, elle est abattue à son domicile.
    Éminente défenseure des droits humains hondurienne, Berta Cáceres a cofondé le Conseil civique d’organisations populaires et autochtones du Honduras (COPINH) en 1993. Dans ce cadre, elle œuvrait sans relâche pour à la défense de l’environnement et les droits du peuple autochtone Lenca. Entre 2013 et 2015, les membres du COPINH ont organisé des manifestations contre le projet de barrage hydroélectrique d'Agua Zarca, mis en œuvre par Desarrollos Energéticos S.A. (DESA) à cause de la menace qu’il représente pour le peuple autochtone lenca. Berta Cáceres et ses collègues ont été la cible de nombreuses attaques et menaces de la part des autorités et d'acteurs non gouvernementaux, qui considèrent leur action comme une menace pour leurs intérêts commerciaux.
    En 2009, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a prononcé des mesures conservatoires pour protéger la vie de Berta Cáceres, mais les autorités honduriennes n’ont rien fait pour les mettre en œuvre. Par trois fois, la militante a essuyé des coups de feu alors qu'elle circulait dans un véhicule du COPINH. Elle faisait l'objet de surveillance, et a reçu des menaces d'enlèvement ou de disparition et des menaces visant ses enfants. Elle a aussi subi des agressions, des intrusions. Toutes ces attaques visaient à la faire renoncer et à la réduire au silence. Ses collègues aussi avaient été attaqués.
    Le 2 mars 2016, Berta Cáceres a finalement été abattue par des hommes armés qui ont fait irruption à son domicile, dans la ville de La Esperanza (province d'Intibucá, dans l'ouest du Honduras). Avec son assassinat, les manœuvres d'intimidation à l'encontre de sa communauté n'ont pas cessé. Entre le 3 et le 12 mars 2016, des membres de sa famille et du COPINH ont été harcelés et intimidés. Le 15 avril, ses proches, ses collègues et des membres d'autres organisations nationales et internationales ont été attaqués par des hommes armés lors d'un rassemblement international des peuples autochtones. Les policiers présents sur les lieux n'ont rien fait pour empêcher ces attaques. Après que des participants internationaux ont réussi à les convaincre d'intervenir, ils ont finalement escorté les membres du COPINH et d'autres organisations hors de la zone.

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    Les protectrices de la forêt amazonienne

    Les protectrices de la forêt amazonienne

    Au cours de l’année 2018, Amnesty International a recensé une série d’attaques et de menaces en Équateur contre les défenseures des droits des peuples indigènes et environnementaux. Patricia Gualinga, Nema Grefa, Salomé Aranda et Margoth Escobar, toutes membres du collectif des Femmes amazoniennes, font partie des victimes de cette série d’attaques.
    Bien qu’elles aient toutes porté plainte, le bureau de la procureure générale n’a pris aucune mesure pour enquêter efficacement sur ces attaques et pour accorder des mesures de protection à ces femmes. Par conséquent, elles risquent leur vie et celle des membres de leur famille en continuant à mener leur travail légitime et important de défenseures.

    Patricia est une dirigeante indigène des Kichwas de la communauté sarayaku ; elle défend le droit de son peuple à un territoire et celui de vivre dans un environnement sain face aux graves répercussions des activités liées à l’exploitation du pétrole sur ce territoire. En 2012, la communauté sarayaku a obtenu une victoire historique pour les peuples indigènes, après avoir signalé qu’une concession pétrolière avait installé des explosifs sur son territoire sans l’avoir consultée. La Cour interaméricaine des droits de l’homme a ordonné à l’État équatorien de reconnaître qu’il avait violé le droit de cette communauté à une consultation préalable, libre et éclairée ; de l’indemniser pour le préjudice causé ; et d’enlever les explosifs, qui sont toujours sur son territoire. Le 5 janvier 2018, au petit matin, un homme non identifié a menacé de mort Patricia et l’a attaquée avec des pierres lorsqu’elle était à son domicile à Puyo (province de Pastaza), dans l’est de l’Équateur. Après cette agression, Patricia et sa famille ont dû quitter leur domicile.

    Nema est présidente de la nation sápara d’Équateur. Après avoir été officiellement reconnue présidente de la nation sápara d’Équateur en janvier 2018, sa nomination a été formellement contestée par un groupe de personnes qui, selon Nema, soutiennent les activités pétrolières sur le territoire sápara. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 27 avril 2018, un homme armé d’une pique, identifié par Nema comme appartenant au groupe qui a contesté sa nomination, proférait des menaces de mort contre elle. Dans cette vidéo, qui circule encore sur les réseaux sociaux, le visage de l’agresseur est parfaitement reconnaissable. Un an après cet épisode, alors que Nema a officiellement porté plainte suite à ces menaces et qu’elle a identifié l’agresseur présumé, le parquet de la province de Pastaza n’a toujours pas procédé à l’analyse de la vidéo, ce qui aurait pourtant permis de trancher sur la responsabilité pénale présumée dans cette affaire. Les mesures de protection dont elle fait l’objet sont insuffisantes au regard de son mode de vie et, en particulier, face aux risques qui pèsent sur elle et sur sa communauté.

    Salomé est une dirigeante du peuple Kichwa qui défend le milieu naturel amazonien et les droits des femmes de sa communauté de vivre dans un environnement sain et de ne pas subir de violences sexuelles. Salomé est la dirigeante du Comité des femmes et de la famille de la communauté de Moretecocha, dans la province de Pastaza. Elle a dénoncé publiquement les possibles répercussions sur l’environnement des activités liées à l’exploitation du pétrole dans le bassin de la rivière Villano (province de Pastaza), ainsi que les cas de violences sexuelles subies par des femmes indigènes dans ce contexte. Le 13 mai 2018, au petit matin, plusieurs individus non identifiés ont menacé et attaqué par des jets de pierres cette militante et sa famille à leur domicile. Une plainte a été officiellement déposée, mais le parquet de la province de Pastaza n’a toujours pas identifié les auteurs matériels et intellectuels de cette attaque, et aucune avancée notable n’a été réalisée dans le cadre de l’enquête, de plus, les autorités ne lui ont pas accordé de mesures de protection.

    Margoth a consacré sa vie à la défense de l’environnement et des droits des peuples indigènes. En août 2015, quand Rafael Correa était encore à la tête du pays, Margoth a été agressée physiquement par des policiers alors qu’elle participait à une grève nationale et à un mouvement de protestation auxquels avaient appelé des organisations indigènes et sociales à Puyo, dans la province de Pastaza. Elle a été maintenue en détention provisoire pendant plus d’une semaine malgré son mauvais état de santé dû à ses blessures. Par la suite, elle a été libérée sous caution et accusée de « coups et blessures et résistance ». En novembre 2015, le juge du pôle judiciaire en matière pénale de Pastaza a prononcé son acquittement. Le 29 septembre 2018, après l’entrée en fonction du président Lenín Moreno, la maison de Margoth a été incendiée intentionnellement. Le feu a détruit tous ses biens, y compris les articles qu’elle avait entreposés avec d’autres commerçants en vue de les vendre pour les fêtes de Noël. Margoth a déposé une plainte au pénal auprès du parquet de la province de Pastaza, qui l’a initialement rejetée. Bien qu’une enquête ait été lancée, les auteurs matériels et intellectuels n’ont toujours pas été identifiés.

Droits des personnes migrantes et réfugiées

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    Loan Torondel

    Loan Torondel

    Loan a grandi en Bretagne et voulait devenir ingénieur. A 19 ans il découvre les images, comme des millions d’autres personnes, du petit Alan Kurdi, retrouvé mort sur une plage en Turquie. Cela lui fait l’effet d’un électrochoc et il commence alors à s’intéresser de plus en plus aux droits des migrants. Il abandonne l’école et part pour Calais rejoindre l’association l’Auberge des migrants qui distribue couvertures, vêtements et matériel sur les camps pendant deux ans. Il devient coordinateur bénévole de cette structure.

    En janvier 2018, alors qu’il travaillait pour l’Auberge des Migrants, Loan a publié un tweet ironique critiquant les pratiques abusives des forces de police à l’égard des migrants. Ce tweet, accompagné d’une photo de deux policiers se tenant debout devant un jeune homme assis dans un champ, imaginait que ce dernier protestait contre la confiscation de son sac de couchage en plein hiver et que l’officier lui répondait : « Peut-être, mais nous sommes la nation française, monsieur », en allusion à un discours prononcé fin 2017 par le Président Emmanuel Macron.  À cette période, la police venait tous les jours pour empêcher les distributions de nourriture aux migrants. Après cette photo, les policiers ont traîné cet homme et l’ont mis dans leur fourgon, ce que Loan avait filmé à l’époque.

    Poursuivi à la suite d’une plainte de l’un des agents de police, Loan Torondel a été condamné en première instance pour diffamation par le tribunal de Boulogne-sur-Mer le 25 septembre 2018 à payer 1500 € avec sursis, 500 € de dommages et intérêts et 500 € de frais de justice.  La Cour d’Appel a confirmé cette condamnation le 24 juin 2019.

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    Scott Warren

    Scott Warren

    Le Dr Scott Warren, 36 ans, est professeur de géographie et bénévole au sein de l'association "No More Deaths" (Plus de morts) qu’il a contribué à créer en 2004. Cette ONG s’est notamment donnée pour mission d'éviter que les nombreux migrants qui franchissent clandestinement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis ne trouvent la mort dans le désert. Elle fournit de de l'eau et une assistance médicale sur les routes empruntées par les migrants où l’on recense de nombreux décès de migrants.
    Depuis plus de 10 ans, Scott Warren et son association proposent une aide salvatrice à des centaines de migrants et aux demandeurs d’asile qui tentent de franchir la frontière à travers le désert de Sonora. Les autorités fédérales accusaient Scott Warren d'avoir organisé la venue illégale de deux hommes, originaires d'Amérique centrale, qui avaient pénétré sur le sol américain en 2018. Elles lui reprochaient notamment d'avoir cherché à dissimuler les deux migrants à la police des frontières, ce qu'il a toujours démenti.
    Il avait été jugé une première fois en juin dernier, ses avocats plaidant notamment la "bonté humaine élémentaire" dont il a selon eux fait preuve en aidant les deux hommes, rencontrés par hasard dans un refuge. Finalement le 21 novembre 2019, Scott Warren, a été déclaré non coupable par un tribunal de l'Arizona. Les membres du jury ont convenu à l'unanimité que le défenseur des droits humains procédait légalement à une aide humanitaire vitale en fournissant une assistance à deux hommes qui franchissaient la frontière à pied.

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    Seán Binder et Sarah Mardini

    Seán Binder et Sarah Mardini

    Sarah Mardini une jeune syrienne de 24 ans qui effectue ses études en Allemagne, et l’allemand Seán Binder, 25 ans, faisaient tous deux du bénévolat pour une ONG de sauvetage grecque sur l’île de Lesbos. Ils risquent 25 ans de prison pour avoir secouru des personnes migrantes sur des embarcations en détresse.
    Les conditions d’accueil déplorables mises en place par l’Union européenne pour accueillir dignement les réfugiés et migrants ont choqué des milliers de personnes à travers le continent. Indignés, certains, comme Sean et Sarah, ont décidé de d’agir face à la détresse humaine et les morts violentes et quotidiennes de milliers de réfugiés sur les côtes du continent le plus riche du monde.
    Sean, qui est un passionné de la mer, a passé son brevet de sauveteur secouriste en Irlande où il a grandi. Au plus fort de la crise, il décide de rejoindre une ONG travaillant auprès des réfugiés sur l’île de Lesbos en Grèce. Il devient coordinateur d'opérations de secours civils, aussi bien sur terre qu'en mer. Son activité consiste à repérer et secourir les embarcations en détresse près des côtés de Lesbos.
    Lorsqu’éclate la guerre civile syrienne, les bombardements détruisent la maison de Sarah et de sa famille. Après avoir déménagé constamment pour éviter les combats, la famille décide en 2015 de faire passer Sarah et sa sœur en Turquie puis en Europe avec un groupe de réfugiés. Une nuit d’août 2015, le petit canot qui transporte les deux jeunes filles en direction de l’île grecque de Lesbos tombe en panne et commence à couler. Sarah et sa sœur se jettent à l’eau et traînent le bateau pendant trois heures et demie, pour finalement mettre tout le monde en sécurité. Sarah retourne plusieurs fois à Lesbos, mais cette fois elle intègre l’équipe de bénévoles de l’ONG où se trouve Sean. Durant la journée, elle est active dans la clinique du camp où elle travaille comme interprète ; le soir, elle distribue de l’eau, surveille la côte avec les autres volontaires, donne des couvertures et des chaussettes aux réfugiés qui arrivent.
    Malgré une coopération continue avec les autorités, le 17 février 2018, Sean et Sarah sont arrêtés par la police grecque. Ils sont accusés d’espionnage, de trafic d’êtres humains et d’appartenir à une organisation criminelle. S’ils sont reconnus coupables, ils pourraient passer chacun vingt-cinq ans en prison. Ils y ont déjà passé plus de 100 jours avant d’être libérés sous caution, en décembre 2018.
    L’enquête criminelle contre Sarah et Seán n’est pas un cas isolé, elle est emblématique, en Grèce et en Europe, d’une utilisation abusive des lois pour criminaliser les personnes portant secours, ou agissant en solidarité avec les réfugiés et les migrants. La criminalisation des défenseurs des droits des migrants-réfugiés et l’abandon en mer de réfugiés ne dissuaderont personne de traverser la Méditerranée. En revanche, cela entraînera encore plus de morts. La solidarité n’est pas un crime.

Droits sociaux et économiques

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    Tep Vanny

    Tep Vanny

    Tep Vanny, symbole du militantisme pacifique au Cambodge, est une militante du droit au logement. Libérée en août 2018 grâce à la mobilisation internationale de milliers de personnes à travers le monde, elle avait tout de même déjà passé 2 ans derrière les barreaux en raison de ses activités militantes.
    Tep Vanny, mère de deux enfants, est une militante du droit au logement et des droits fonciers, qui a passé les quinze dernières années à mener une résistance pacifique pour défendre sa communauté autour du lac de Boeung Kak, qui se trouvait autrefois au centre de Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Ce lac a entièrement disparu. C’était la plus grande étendue d’eau de la ville, et elle a été entièrement comblée avec du sable dans le cadre d’un projet de construction de nouveaux immeubles d’habitation et de bureaux. Depuis le début des travaux en 2007, des milliers de familles ont été expulsées illégalement.
    Tep a été harcelée, passée à tabac et prise pour cible par les autorités, qui ont engagé des poursuites pénales à son encontre pour des motifs politiques. Elle a été arrêtée pas moins de cinq fois depuis les élections générales de 2013. En août 2016, elle a été appréhendée et finalement condamnée à une peine d’emprisonnement de deux ans et demi. Le « crime » pour lequel elle avait été arrêtée étant son engagement pacifique dans la campagne « Lundi noir », qui appelait à la libération de cinq autres défenseurs des droits humains emprisonnés au Cambodge. Après plus de 700 jours en détention, Tep Vanny a enfin été libérée.
    Au Cambodge, les autorités utilisent la justice pour faire taire toute opinion dissidente. Mettant à profit leur mainmise sur le système pénal, elles ont porté des accusations forgées de toutes pièces contre des opposants politiques, des syndicalistes, des militants des droits humains et des commentateurs politiques. De nombreux défenseurs des droits humains se trouvent derrière les barreaux, et des centaines d’autres font l’objet de poursuites pénales dans le cadre d’une manœuvre concertée visant à écraser toute critique publique, pourtant pacifique. Les militants et militantes se trouvent souvent dans une situation incertaine, demeurant pendant des mois, voire des années, sous le coup de poursuites, sans savoir quand ils seront jugés. Cette forme de harcèlement est efficace dans un pays où la sanction réside souvent dans la procédure elle-même.

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    La Lucha

    La Lucha

    Le mouvement de jeunesse citoyen Lucha est devenu en quelques années l’un des plus importants mouvements des droits humains en République Démocratique du Congo (RDC). L’un des plus réprimés aussi.
    La Lucha à sa naissance, c’est une poignée d’amis de Goma, dans le nord-Kivu, qui décident de se mobiliser pour revendiquer l’accès à l’eau pour toutes et tous, dans une ville qui borde l’un des plus grands lacs d’Afrique, mais aussi pour dénoncer un chômage endémique et le manque d’infrastructures dans un pays pourtant très riche en ressources. Leurs revendications s’amplifient pour aller jusqu’aux questions de gouvernance, de respect de la constitution, et d’alternance démocratique. Dans un pays marqué par la violence meurtrière ces 25 dernières années, ils font leur choix de la non-violence.
    Avec très peu de moyens et très peu de militants au départ, mais une volonté, une ténacité de fer, un courage indéfectible, et parce qu’ils incarnent dans leurs agissements les valeurs qu’ils défendent, les membres de la Lucha gagnent vite le respect de la population. Le mouvement grandit, et très vite, des cellules locales sont créées dans tout le pays et les réseaux sociaux suivent, qui relaient et amplifient les combats.
    Si au départ les autorités ont pu regarder avec un certain dédain ce mouvement de jeunesse, elles se sont très vite « rattrapées » pour soumettre les membres de la Lucha à des campagnes de dénigrement puis à des attaques frontales, visant à saper leur élan et à mettre un terme à leurs activités. La répression est devenue systématique quand les militants de La Lucha ont commencé à nouer des alliances avec d’autres mouvements de jeunesse citoyens d’autres pays africains : le Balai citoyen au Burkina Faso, les Y en marre du Sénégal. Les mesures de répression se sont rapidement durcies. À peine trois ans après sa création, la Lucha est devenue la cible d’une véritable campagne visant à faire cesser ses activités. Plus de 200 militants ont été arrêtés ou enlevés en 3 ans.
    À l’occasion d’une conférence de presse rassemblant des représentants de différents mouvements à Kinshasa, Fred Bauma, un des fondateurs de Lucha, et Yves Makwambala, sympathisant du mouvement sont arrêtés, avec une trentaine de participants. Mais, alors que les autres sont rapidement relâchés, eux sont accusés de sédition, crime passible de la peine de mort en RDC. Ils passeront 18 mois en détention et devront leur libération à une campagne locale et mondiale appelant à la libération de ces prisonniers d’opinion. Luc Nkulula, un des fondateurs de La Lucha, est mort dans un incendie possiblement criminel, de sa maison, en juin 2018.

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    Ramy Shaath

    Ramy Shaath

    Ramy est un militant égyptien-palestinien de 49 ans. Il fait campagne pour amener Israël à rendre des comptes pour les violations des droits humains et autres violations du droit international, en usant de moyens non violents pour y parvenir. Dans le cadre de ses activités militantes, Ramy Shaath sensibilise le public aux droits des Palestiniens et dénonce dans les médias l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Par son action, Ramy s’efforce également de réaffirmer le droit des Egyptiens de pouvoir s’exprimer librement et de participer aux affaires publiques sans craindre la répression des autorités. Les autorités égyptiennes harcèlent Ramy Shaath depuis de nombreuses années en raison de son identité palestinienne et de son militantisme politique.

    Après les élections parlementaires égyptiennes de novembre 2010, décriées par nombre d’observateurs internationaux, Ramy rejoint la coalition de militants égyptiens qui s’organise et appelle deux mois plus tard au soulèvement populaire pacifique et pro-démocratie de janvier 2011. Au lendemain du départ de Moubarak et au cours des années suivantes, il contribue à la création d'un ensemble de mouvements et de coalitions qui jouent un rôle crucial dans la transition démocratique du pays.

    En juillet 2014, alors que l’armée israélienne bombarde intensivement Gaza pendant plusieurs semaines, Ramy organise un convoi humanitaire. A partir de ce moment-là, et face à la fermeture de la scène politique égyptienne, il décide de dédier son action politique pour développer et renforcer l’expression de la solidarité égyptienne avec le peuple palestinien. Il devient ainsi en 2015, le co-fondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) en Egypte, qui appelle à exercer un boycott et diverses pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d'aboutir à la réalisation de trois objectifs : la fin de l'occupation et de la colonisation des terres palestiniennes, l'égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens.

    Le 5 juillet 2019, Ramy est arrêté à son domicile au Caire. Son épouse française présente lors de son arrestation, est expulsée arbitrairement d’Egypte où elle résidait légalement depuis plus de 7 ans. Ramy disparaît alors pendant 36 heures avant de réapparaître devant le procureur de la Sûreté de l’Etat. En août, certaines plateformes pro-gouvernementales lancent une campagne de calomnies à l’encontre de Ramy Shaath visant à nier la nationalité égyptienne de Ramy et à l’accuser de conspirer avec les Frères musulmans pour renverser le régime. Ramy est toujours en détention provisoire et sa santé se détériore, il souffre d’un ulcère. Le maintien de Ramy en prison est une attaque directe à la liberté d’expression et à l’activité des défenseurs des droits humains en Egypte.